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Bras de fer entre les écologistes et l’Etat au tour d’une décharge

Enfouissement des déchets solides au Mali: 

Bras de fer entre les écologistes et l’Etat au tour d’une décharge

Créée avant la décentralisation, la décharge de Noumoubougou menace, aujourd’hui, la santé des populations riveraines et l’environnement de la Commune Rurale de Tienfala. Dirigée par un maire écologiste, cette commune a engagé un bras de fer avec l’Etat Malien pour la fermeture de ladite décharge.

«Depuis 2004, nous nous battons par tous les moyens pour obtenir la fermeture de la décharge de Noumoubougou afin de préserver la santé de nos populations, d’éviter la contamination de la nappe phréatique et surtout à terme celle du fleuve Niger dont les eaux traversent plusieurs pays» alerte Monsieur N’FA DIABATE, Maire de Tienfala. Elu pour un deuxième mandat à la tête de la mairie de Tienfala, Commune Rurale de 7,000 habitants, monsieur N’FA DIABATE considère la lutte engagée pour la fermeture de cette décharge comme une priorité de sa mairie.

Créee avant la décentralisation, la décharge de Noumoubougou accueille  depuis  environ trois mois  les ordures ménagères  solides de la ville de Bamako. Et ce,  malgré les vives protestations des populations de cette Commune Rurale. Si l’étude d’impact environnementale menée  par le Cabinet Tectult International était favorable à l’implantation de cette décharge, en revanche une contre expertise conduite par l’ONG Mali Folk Center recommande  sa fermeture. Ce qui renforce la conviction et la détermination des écologistes Maliens de voir ladite décharge fermée.

Les travaux de construction de cette décharge de 52 hectares ont commencé en 2005 par l’érection d’une clôture, d’un bâtiment et des fausses et ce, en dépit des vives protestations de la majorité de la population des 16 villages et 4 hameaux de la Commune.

Face à la puissance publique et à la détermination de l’Etat Malien, la Mairie de Tienfala  a néanmoins fait des propositions allant dans le sens d’un compromis pour limiter les risques. Il s’agit de au plan médical, de l’amélioration du plateau technique sanitaire, de la construction de forages  pour l’alimentation des populations en eau potable non contaminée et d’un voie de contournement du chef lieu de la Commune afin de réduire les effets  de la pollution. Des âpres négociations engagées avec l’Etat, la Commune n’a obtenu que la mise à disposition d’un médecin pour la surveillance sanitaire. Mesure jugée insuffisante par la Mairie, qui considère que la lutte continue.

Dans ce bras de fer, la Mairie  de Tienfala et les écologistes Maliens viennent d’enregistrer un  soutien de taille. Celui  de la Fédération des partis Verts et Ecologistes d’Afrique de l’Ouest. C’est dans une motion adoptée  le 29 mai 2016, en marge de leurs travaux, que les écologistes d’Afrique de l’Ouest  regroupés au sein de la FéPEV-RAO ont  apporté leur soutien au Parti Ecologiste du Mali à la Mairie de Tienfala.  Car,  au-delà  de la Commune de Tienfala et du Mali, cette décharge pourrait à terme déclencher un véritable problème international si le fleuve Niger qui, en avale, traverse le Niger et le Nigéria,  venait à être contaminé. Situation que le Mali pourrait  bien éviter, car disposant suffisamment d’espace non exploité  et susceptible d’accueillir ces déchets.          

auteur: M. Adamou Garba


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