You are here

La problématique de la gestion des sachets plastiques non-biodégradables au Togo

plastic bag nightmare 001 by Zainub Razvi, on Flickr
plastic bag nightmare 001 by Zainub Razvi, on Flickr

La gestion des sachets plastiques non biodégradables au Togo est un « casse chinois » que nous pourrons désormais appeler un « casse-tête togolais ».

En effet, depuis bientôt un quart de siècle, l'utilisation des sachets plastiques non biodégradables comme emballage est devenue un des éléments récurrent dans le vécu quotidien de la plupart des togolaises et togolais tout strate de niveau de vie confondu.

D'aucuns nous disent que cette utilisation exponentielle de ce type d'emballage est due à l'émergence industrielle des pays comme la Chine, l'Inde, le Singapore, etc. D'autres par contre nous disent que cette utilisation serait due à l'implantation au Togo de la zone franche industrielle de certaines usines de fabrication de ces sachets plastiques.

Pour notre part, nous disons que les uns et les autres ont raison car que ce soit de l'extérieur ou de l'intérieur, l'essentiel, c'est que le Togo notre pays est depuis deux décennies inondé de sachets plastiques non biodégradables appelés « kpono kpètè ».

Mais comment notre pays en est-il arrivé là et quels sont les voies et moyens que nos dirigeants ont empruntés pour éradiquer ce mal ?

A travers cet article, nous allons tenter d'apporter quelques approches de réponses.

Il n'est plus surprenant pour personne au Togo d'entendre parler de la création d'une zone franche industrielle et des bonnes relations commerciales qui existent entre notre pays le Togo et les pays émergents suscités. Si tel est le cas, l'on ne serait étonné de l'origine des sachets plastiques non biodégradables au Togo.

Selon certaines indiscrétions, nos dirigeants, ont mis en place en amont des conditions incitatives pour toute transaction commerciale notamment, pour l'importation, la fabrication et la commercialisation de la plupart des produits manufacturés à l'instar de ces fameux sachets plastiques non biodégradables.

Mais force est de constater qu'outre ces conditions incitatives, aucune autre mesure propre à la gestion de ceux-ci n'a été prévu en aval. Pris de cours, nos dirigeants depuis plusieurs mois ont commencé par multiplier des communiqués et des décrets pris soit en conseil des ministres soit en communiqués conjoints, interministériels.

Rattrapés par l'histoire des immondices des sachets plastiques non biodégradables, nos dirigeants ne « dorment » plus de même que les organisations de la société civile (ONG, Associations voire même les partis politiques à l'instar du parti Vert du Togo, Afrique Togo Ecologie, A.T.E.).

Tentés certainement par le souci d'augmenter les recettes de l'Etat par la perception des droits et taxes d'impôts et douanes imposables aux usines de fabrication et aux commerçants d'importation la prolifération des sachets plastiques non biodégradables au Togo devient un sérieux problème que les environnementalistes ne tardent pas à qualifier de problème de santé publique.

Certes à l'heure actuelle, la gestion des déchets plastiques représenterait une lourde charge pour nos communes si effectivement celles-ci devraient s'y impliquer. N'est-ce pas que cela constituerait une source génératrice d'emplois pour celles-ci pouvant absorber ainsi une main d'œuvre sans cesse croissante en quête d'emploi dans notre pays ? Aussi, cette gestion serait salutaire et fort appréciée par la jeunesse togolaise.

Le citoyen lambda souffre quotidiennement des conséquences sans cesse croissantes des effets corollaires de ces sachets, le pouvoir public se cherche et se demande certainement comment s'y prendre pour gérer ce dossier aussi épineux que la pauvreté et les dépotoirs dans lesquels nous croupissons.

De Conseils en Conseils de Ministres, de Décrets en Décrets ou de Communications en Communications, le problème demeure car la méthodologie avec laquelle ces derniers adoptent pour y remédier ce problème à notre avis n'est pas la meilleure. Les méthodes les plus appropriées afin d'éradiquer ce mal existe. Il faut les chercher ! N'est-ce pas sous d'autres cieux ces sachets plastiques sont transformés en pavés ! Et alors pourquoi pas au Togo ?

Oui la gestion des sachets plastiques non biodégradables, est un véritable « casse-tête » pour les gouvernants togolais. A titre d'exemple, en douze mois (du 05 janvier 2011 au 28 décembre 2011), quatre Conseils de Ministres sont tenus, et chacun de ces Conseils des Ministres à trait à « notre fameux dossier de sachets plastiques non biodégradables ».
Chers lecteurs, pour votre propre gouverne en voici les quelques extraits issus de ces conseils de Ministres :

Conseil des Ministres du 05 Janvier 2011 : extrait
Décret portant sur les modalités de gestion des sachets et emballages plastiques au Togo. Conjointement présenté par le ministre du Commerce et de la Promotion du Secteur privé, du ministre de la Santé, du ministre de l'Eau de l'Assainissement et de l'Hydraulique villageoise, du ministre de l'Administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales, du ministre de l'environnement et des ressources forestières et du ministre de l'industrie, de la zone franche et des innovations technologiques. Ce décret vise à réglementer dans notre pays la production, l'importation, la distribution, la commercialisation et l'utilisation des sachets et emballages plastiques.
Le présent décret qui est conforme aux dispositions des instruments juridiques internationaux relatifs à la gestion des déchets ratifiés par le Togo à pour objet entre autres la prévention et la réduction du volume des déchets plastiques et de leur nocivité, leur valorisation par le recyclage, la lutte contre les effets nocifs des déchets plastiques sur la santé humaine.
NB : Il est assorti de ce décret n° 2011-103/PR du 05 janvier 2011, deux dates boutoires à savoir :
La date du 05 juillet 2011
La date du 05 octobre 2011.

Conseil des Ministres du 24 novembre 2011 : extrait
Au titre des communications, une communication conjointe des ministres de l'environnement et des ressources forestières, du ministre de l'eau , de l'assainissement et de l'hydraulique villageoise du ministre de la santé et du ministre du commerce et de la promotion du secteur privé sur la mise en œuvre du décret n° 2011-103/PR du 05 janvier 2011 fixant les modalités de gestion des sachets et emballages plastiques.
Cette communication a confirmé les dates des 5 juillet 2011 et 5 octobre 2011 pour la fin de l'importation et de la production des sachets non biodégradables qui polluent notre environnement.
La communication a également rendu compte des mesures retenues après concertation avec les industriels pour la fabrication des sachets biodégradables.
Des contrôles seront opérés bientôt sur le territoire pour imposer la mise en œuvre effective des dispositions du décret visé.
NB : La question que le citoyen peut se poser est la suivante : où en sommes-nous pour ce contrôle ?

Conseil des ministres du 28 décembre 2011 : extrait
Le ministre de l'environnement et des ressources forestières a également fait le point au conseil des ministres sur la fin attendue de la commercialisation et de l'utilisation des sachets plastiques non biodégradables.
Sur ce point, la date boutoire est le 15 janvier 2012 : les industriels sont sensés, à cette date- là, avoir écoulé le reste des stocks de sachets non biodégradables produits, pour ne plus en avoir à écouler le reste des stocks de sachets non biodégradables produits, pour ne plus mettre en vente que des sachets biodégradables (temps de vie : 16 à 60 mois maximum).
NB : Où en sommes-nous ?

En effet, nul ne peut ignorer que la gestion des sachets plastiques constitue des enjeux sanitaires et environnementaux qui sont de plus en plus reconnus par les acteurs de la coopération internationale, alors pourquoi ne pas les associer à une gestion aussi saine et durable de ce dossier de sachets plastiques non biodégradables ?

Des communiqués interministériels viennent encore d'être pris avec des dates boutoires. NOW, YOU WAIT AND SEE !

Ensemble, réfléchissons. A travers cette plume de notre parti politique « Afrique Togo Ecologie » « ATE » un cri d'alarme est lancé... Battons tous ensemble hors de danger de nuire ce « casse-tête togolais ».
Irénée Nissao NAPO, Délégué National de l'ATE

plastic bag nightmare 001 by Zainub Razvi, on Flickr

Fédérations des Global Greens

Get Involved

Social Networks